Passage du mascaret sur la Dordogne à St Pardon
(Hameau de la commune de Vayres)
2012
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Passage du mascaret à Arcins, Langoiran et Podensac
2012
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Le mascaret est un phénomène exceptionnel qui se produit dans certains estuaires aux époques des grandes marées (on a répertorié environ 60 sites dans le monde). Actuellement, en France, il subsiste uniquement en Aquitaine. En effet, les travaux et aménagements des autres rivières de France, en particulier ceux de la Seine ont perturbé les conditions favorables à sa formation. Ce gros mascaret, dangereux pour la navigation a disparu il y a environ 30 ans.
Dans des conditions très particulières (fort coefficient de marée, fleuve à gros débit et très faible niveau d'eau), la marée montante qui est freinée par les flots de la rivière constitue une série de bourrelets qui peuvent atteindre 3 m de hauteur dans les meilleurs conditions. Cet ensemble de vagues (une dizaine séparées d'une distance d'une dizaine de mètres) emportant avec lui près de la moitié de la marée montante remonte l'estuaire avec une vitesse de 15 à 30 km/h. Il se propage ainsi sur plus de 150 km de distance puis disparaît dans les zone où le courant de marées est complètement affaibli.
Cette communication comprend un panorama des mascarets du monde et une description des mascarets d'Aquitaine (Dordogne, Garonne et Gironde). Elle comprendra également des rappels sur les marées (genèse, le coefficient, la marée océanique) et une explication du phénomène du mascaret.
Etymologie
MASCARET est un mot gascon datant du XVIe siècle qui signifie " boeuf tacheté ". Il vient de mascara " mâchurer, tacheter ", par analogie avec un animal bondissant. Dans certaines régions, on l'appelle improprement BARRE.
Où se forme-t'il ?
Le MASCARET apparaît
- dans les estuaires larges et peu profonds (2 à 4mètres de profondeur),
- à marée basse,
- à gros coefficient de marée (de l'ordre de 100).
De quoi est-il constitué ?
Le MASCARET est constitué d'un train de vagues analogue à de la houle. Il y en a généralement 4 à 5 grosses pouvant atteindre 2.5 m de hauteur, espacées d'environ 10 m. Elles sont suivies par une zone très mouvementée. L'ensemble se déplace à une vitesse qui dépend de la profondeur, soit environ de 15 à 30 km/h suivant les endroits.
Le MASCARET dans le monde
Le MASCARET existe dans le monde entier (Canada, Chine, Amérique du Sud...); il est spectaculaire sur la Severn (Angleterre) et sur l'Amazone.
Le MASCARET en France
En France, le MASCARET existait sur de nombreuses rivières : Charente, Seine, Gironde, Garonne, Dordogne... Il a totalement disparu sauf en Gironde. Celui de la Seine a disparu il y a une trentaine d'années en raison de travaux effectués dans le port du Havre. Il était énorme, dépassant plus de 4 m au centre de la Seine et 7 m sur les bords en raison des rebonds sur les rives.
Le MASCARET en Gironde
Il se forme en différents endroits où la rivière est large et peu profonde. Les meilleurs sites sont :
- Gironde : derrière l'île Margaux (50 cm),
- Garonne : derrière l'île d'Arcins, rive droite (80
cm); entre Langoiran et Podensac (2.5 m),
- Dordogne : à Saint-Pardon (2.5 m) à quelques km en
aval de Libourne.
Il ne peut pas remonter plus haut que la marée, soit à La Reole sur la Garonne et à Génissac sur la Dordogne.
Comment et quand peut-on le voir ?
1) Rechercher sur les annuaires de marées les dates des marées de vives-eaux dont le coefficient dépasse 100 (le mascaret peut exister également à des coefficients aussi petits que 80).
2) Choisir les périodes d'étiage, c'est-à-dire de faible niveau d'eau soit d'avril à novembre avec un optimum en août-septembre.
3) Aller
- à Saint-Pardon : 45 min avant la basse mer à Libourne.
- à Podensac : 2 h après la basse mer à Bordeaux.
- au pont d'Arcins : 1 h après la basse mer à Bordeaux.
Pourquoi se forme-t'il ?
- la marée montante est retardée par le courant de
la rivière,
- la marée monte par palliers (de 5 à 10 cm),
- si le niveau d'eau est faible, les palliers se rattrapent et
forment des vagues constituant le mascaret.

La vitesse de propagation du MASCARET
Comme la houle, la vitesse de propagation du mascaret
dépend essentiellement de la hauteur d'eau. Si h est la
hauteur d'eau et g = 9.81 m/s2 l'accélération de la
pesanteur, la vitesse est
soit 3 m/s = 10 km/h avec h = 1 m et 6 m/s = 20 km/h avec h = 4
m.
Le coefficient de marée
Il varie entre 20 et 120. Il caractérise l'importance de la marée qu'on peut également chiffrer par le marnage, c'est-à-dire la différence de niveau entre la marée basse (BM) et la marée haute (PM). A Bordeaux, le marnage atteint 5 m. Le coefficient 120 est réalisé dans des conditions exceptionnelles
- marée de vives-eaux (période de Nouvelle Lune ou de Pleine Lune),
- distance Terre-Lune minimale (périgée = 356 410 km;
l'apogée est à 406 740 km),
- en période d'équinoxe (21 mars et 21 septembre).
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Quelques sites intéressants : |
L'encyclopédie du mascaret
http://members.tripod.com/~bore_encyclopedia/BasicMain.html