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Les métiers de la physique, un univers à découvrir

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2005, année mondiale de la physique, marque le centième anniversaire de la publication de quatre articles fondateurs de la physique moderne par Einstein. C’est l’occasion de montrer la vitalité éclatante de la physique du 21e siècle, son rôle fondamental dans le développement des sociétés, ainsi que les nouveaux et passionnants problèmes qu’elle suscite dans toutes les applications de la science.
Les associations regroupées dans le “Groupe d’action Pour la Physique“ (G2P) ont voulu rendre compte de la variété des “métiers de la physique“. Car les physiciennes et physiciens sont loin d’être tous chercheurs ou enseignants : les exemples de cette brochure montrent qu’il existe un très large spectre de formations (Grandes Écoles et Universités au travers du LMD) et de débouchés passionnants, de niveau et de nature très différents.
La physique nous apprend à observer, expérimenter, douter, raisonner. Elle contribue ainsi à la formation de citoyens responsables. Pour répondre à nos interrogations sur la santé, l’environnement, la société de l’information, la physique est dans les tout premiers rangs. Pour l’avenir de notre société, le choix, par les jeunes, de métiers dans le domaine des sciences et des techniques est un excellent investissement.
Étienne GUYON Professeur émérite de l’Université Paris-Sud 11 Président du G2P

 
SOMMAIRE

ASTRONOMIE, AÉRONAUTIQUE
PHYSIQUE ET SANTÉ
ENSEIGNEMENT, DIFFUSION DES CONNAISSANCES
PHYSIQUE ET ENVIRONNEMENT
PHYSIQUE ET ÉNERGIE
PHYSIQUE ET TRANSPORTS
PHYSIQUE ET ARTS, SPORTS, LOISIRS
TÉLÉCOMMUNICATIONS
DE LA RECHERCHE FONDAMENTALE AUX APPLICATIONS POUR LA VIE COURANTE
POUR EN SAVOIR PLUS


Astronomie, aéronautique

La sortie de l’avion A380, l’arrivée d’une sonde spatiale sur Titan, les recherches de preuves du big-bang... le domaine ne manque pas de projets passionnants. L’aventure spatiale continue et ne cesse de poser des défis à la physique !

L’OPTICIEN DES ÉTOILES
“La science, ce n’est pas s’enfermer dans une bibliothèque mais c’est être ouvert, comprendre et agir.”
« Je suis responsable d’une équipe de recherche spécialisée en optique adaptative. Cette technique permet d’obtenir des images de l’Univers les plus nettes possibles, ce que ne permet pas un système optique classique. En effet, l’atmosphère terrestre introduit des fluctuations dans les images des astres. Heureusement, nous savons mesurer ces perturbations et modifier en direct les propriétés de notre système optique. Nous avons appliqué cette technique sur le Very Large Telescope (VLT) du Chili. Voir se transformer, grâce à un appareil que l’on a construit, l’image d’un halo lumineux en plusieurs étoiles bien nettes est une expérience unique dans la vie d’un chercheur, c’est extraordinaire !
Quand j’étais au lycée, j’avais l’impression que la physique était très théorique et déconnectée de la réalité. Et c’est exactement le contraire ! Le plus souvent on part de l’observation d’un phénomène naturel incompris. Mon travail consiste généralement à montrer qu’il est bien expliqué par les théories de la physique.
A l’inverse, et cela peut paraître incroyable, des phénomènes encore inconnus peuvent être prédits par la théorie avant que leur existence ne soit prouvée par l’expérience. C’est le cas des trous noirs décrits dans les années 1920. Pour la première fois en 2002, le VLT équipé du système d’optique adaptative a confirmé la présence d’un trou noir supermassif au centre de notre galaxie. »
(Gérard Rousset, 47 ans Directeur de recherche Onéra - Châtillon (92) École Centrale Doctorat en physique appliquée)


PLUS EXIGEANTS !
« Chez Airbus, je suis chargé de tester et d’améliorer le calculateur de gestion de vol des avions A320 et A340. C’est lui qui détermine le trajet optimal de l’avion en fonction des critères entrés par l’équipage. Il gère la navigation à partir de données GPS ou de balises au sol. Pour les essais, je me mets un peu dans la peau du pilote, tout en restant au sol. Je valide les fonctions du calculateur sur un banc de tests, puis je vérifie sa bonne intégration avec les autres calculateurs de l’avion sur un poste de pilotage qui simule celui d’un avion réel. J’analyse aussi les paramètres enregistrés lors des vols d’essais. Tous ces tests concourent à l’homologation du calculateur, avant son installation sur l’avion et la livraison au client. C’est dire le niveau d’exigence que je dois atteindre !
C’est un domaine complexe et enthousiasmant. Impossible de se lasser, le travail est tous les jours renouvelé. J’ai parfois l’impression d’être un détective, quand je cherche l’origine de difficultés signalées lors d’essais ou en vol réel. Bien sûr, le respect des délais et des coûts est contraignant. Mais j’apprécie beaucoup le travail en équipe, en relation avec les bureaux d’études, les pilotes d’essais et les compagnies aériennes... sur du concret ! »
(Daniel Heuillet, 45 ans Technicien essais “Gestion du vol“ Airbus - Toulouse-Blagnac (31) DUT Mesures physiques)



Physique et santé

“La physique apporte des réponses dans de nombreux domaines, en particulier dans le biomédical.”Depuis une vingtaine d’années, la physique est entrée de plain-pied à l’hôpital : imagerie médicale, traitement par radiations, téléchirurgie, prothèses en biomatériaux et même microdistributeurs d’insuline... La médecine a besoin de physiciens !

LA PHYSIQUE AU CHEVET DU MALADE
« J’étais manipulateur radio dans un hôpital pour enfants. Un jour, un appareil est tombé en panne et un technicien est venu le réparer. J’ai trouvé ça génial. Il était en quelque sorte le sauveur de la situation. J’ai alors décidé de suivre des cours du soir pour devenir technicien physicien. Aujourd’hui, les hôpitaux ont un grand besoin de physiciens pour s’occuper de tous les appareils de traitements et d’imagerie.
Le traitement de tumeurs cancéreuses représente une bonne partie de l’activité de notre service de radiothérapie. Il y a encore quelques années, une tumeur profonde était bombardée avec un large faisceau de rayons X, endommageant les cellules du corps se trouvant sur son trajet. Aujourd’hui, nous utilisons plusieurs faisceaux de rayons X, puissants et étroits, qui convergent vers la tumeur. C’est dire s’il faut être précis et rigoureux dans les réglages !
Je n’oublie jamais que derrière la machine, il y a le patient. Je lui dois une qualité de service irréprochable. Je participe d’ailleurs régulièrement à des stages, souvent à l’étranger, pour bien utiliser et réparer les appareillages qui sont très complexes. Puis, je forme à mon tour des étudiants et des personnes d’autres pays à leur utilisation. Je rencontre des gens très différents : fournisseurs, médecins, patients… et c’est vraiment une chance. »
(Serge Muller, 52 ans Technicien physicien CHU, Clinique d’oncologie et de radiothérapie - Tours (37) Diplôme d’État de manipulateur en électroradiologie - Diplôme de 1er cycle technique en électronique (CNAM)


LA SCIENCE, C’EST BON POUR LA SANTÉ
« Je dirige Biospace, une société de quinze personnes spécialisée dans l’imagerie médicale. Nous avons développé une technique pour radiographier un patient de la tête aux pieds et reconstruire son système osseux en 3D. La dose d’irradiation reçue par cette technique est bien moindre que lors d’un scanner ou d’une radio classique, ce qui est très important pour des patients devant faire des radios régulièrement. Aujourd’hui, même si je ne fais plus de science, ma formation de chercheur me sert à piloter cette entreprise innovante. Mon objectif est de développer de nouveaux instruments d’imagerie, toujours plus performants, pour la recherche pharmaceutique, la biologie moléculaire... Pour cela, nous devons convaincre des financeurs d’investir pour que nos innovations soient mises sur le marché en deux ou trois ans.
L’envie de faire de la recherche m’est venue en 3e année d’école d’ingénieur. J’ai eu la chance de faire une thèse sur les semi-conducteurs. C’était vraiment passionnant ! J’ai ensuite été embauchée par les laboratoires Bell à New York, les inventeurs du transistor. Ce fut une période riche en rencontres. La science nous lie les uns aux autres et facilite les échanges entre personnes de langues ou de cultures différentes. Elle est aussi la discipline de la remise en question, une pratique mentale précieuse, même pour d’autres domaines. »

(Marie Meynadier, 44 ans Présidente Directrice Générale Biospace - Paris (75) École ENST Télécom Paris Doctorat en physique du solide)



Enseignement, diffusion des connaissances

Développer l’envie de découvrir et de comprendre, former les acteurs de la science et de la technologie de demain : les enseignants et les médiateurs de la culture scientifique et technique ont un rôle de première importance.

EN PHYSIQUE, CITOYENS !
« C’est l’envie de découvrir le monde et de l’expliquer qui m’ont amené à devenir enseignant. Enseigner la physique, c’est surtout aider l’élève à décoder les informations scientifiques qu’il reçoit pour qu’il les trie et les relie entre elles. Le cours de physique doit lui donner une culture scientifi que et surtout un esprit critique. J’aime participer à la formation des futurs citoyens et je me considère plus comme un guide que comme le détenteur unique d’un savoir. Pour moi, les contenus ne sont d’ailleurs absolument pas centraux. Même si ce n’est pas toujours facile, je laisse autant que possible aux élèves le temps de poser des questions et de déborder le cadre prévu. En partant de leurs préoccupations et conceptions qui sont liées à leur personnalité et à leur culture, le débat peut s’installer. Le top, c’est quand ils construisent eux-mêmes le cours et qu’ils arrivent à mes objectifs !
L’envie d’enseigner m’est venue en prépa grâce à mon prof de physique. Son cours était en rapport avec la vie quotidienne et adapté à mes besoins. Je voulais être officier et cette rencontre m’a fait renoncer à la carrière militaire. J’ai décidé d’en savoir plus et de le partager à mon tour. J’espère pouvoir le faire jusqu’à la retraite, car il faut une sacrée pêche pour faire de la pédagogie active, favoriser la discussion et l’émergence d’idées ou de concepts. »
(Vincent Mas, 33 ans - Professeur de physique et chimie - Lycée François Arago - Perpignan (66) - Maîtrise de physique - CAPES de physique et chimie)


SI LA SCIENCE M’ÉTAIT CONTÉE...
« L’idée du journalisme est venue par hasard. En maîtrise, une amie m’a dit : “Tu adores la physique et tu aimes bien la raconter. Tu devrais devenir journaliste scientifique.“ C’est vrai que je lisais beaucoup d’ouvrages de vulgarisation au lycée. J’ai vite compris que c’était le métier qu’il me fallait. Après plusieurs stages et expériences comme journaliste indépendant, j’ai été embauché comme rédacteur scientifique pour le mensuel Science et Vie Junior. À chaque fois, j’ai saisi les opportunités, sans bâtir de plan de carrière.
Pour écrire un article, je commence par me documenter puis je cherche des contacts. Par exemple, pour la préparation d’un dossier spécial sur la matière, je suis allé à Genève au CERN - le plus grand laboratoire de physique des particules du monde. Plusieurs spécialistes m’ont expliqué leurs dernières découvertes, l’état des connaissances sur le sujet. C’était passionnant ! Ensuite, c’est à moi de mettre en forme ces informations, de les rendre intelligibles et captivantes pour le lecteur, selon son niveau de connaissance. Je prépare ainsi deux ou trois articles par numéro et une rubrique sur les livres et DVD. »
(Fabrice Nicot, 31 ans - Rédacteur scientifique - Science et Vie Junior - Paris (75) - Maîtrise de physique - DESS de communication scientifique (CISTEM)


Physique et environnement

Prévoir et analyser le réchauffement climatique, traiter les déchets, prévenir les risques naturels... Les physiciens ont du pain sur la planche, en relation avec les mathématiciens, les chimistes, etc.

TRAQUER LE BRUIT
“Ce qui me plaît, c’est d’apporter des solutions techniques pour améliorer les conditions de travail et de vie.”
« Une partie de mon activité est de traquer les zones de dépassement acoustique sur les lieux de travail et de proposer des solutions : équipements de protection, rotations du personnel sur les postes de travail très bruyants, mise en place d’absorbeurs de sons, etc. Dans tous les cas, nous essayons de traiter le bruit à la source. Après l’étude de terrain, j’écris un rapport dans lequel je préconise les solutions à adopter. Je joins également un devis sur le coût de mise en oeuvre.
Une autre partie de mon travail consiste à mesurer les niveaux sonores d’installations très variées : sites industriels, stands de tirs, discothèques, chenils, etc. La nuit, il arrive que les oiseaux fassent autant de bruit que l’usine toute proche, mais personne ne s’en plaint ! Ce phénomène, qualifié de psycho-acoustique, n’existe pas au niveau réglementaire. C’est un nouveau secteur qui se développe notamment dans le domaine de l’automobile. Par exemple, les bruits des portières et des essuie-glaces sont très étudiés ; cela fait partie du confort et du standing.J’apprécie l’atmosphère chaleureuse qui règne dans les ateliers. Ce monde, que je ne connaissais pas, est un milieu d’hommes, et une femme est souvent moins crédible au départ. Mais une fois passé ce cap, je dirais que c’est plutôt un avantage ! »
(Stéphanie Aubailly, 31 ans - Ingénieure acoustique - DECICAL - Alençon (61) - Maîtrise de physique - DESS Qualité de l’air et lutte contre le bruit)


DES ÉQUATIONS POURSIMULER LA TERRE
“Le climat change, c’est un fait. Aujourd’hui, laquestion est : quels seront les effets de ce changement et comment réagir ?”
« J’ai fait des études de mathématiques et de physique. Mais j’ai toujours préféré la géologie, la géographie et la littérature à l’étude du mouvement des ressorts. Ce n’est qu’après la maîtrise que mon intérêt pour la physique s’est réellement affirmé. Je me suis dirigé vers les sciences de l’environnement car il me fallait un domaine qu’on pouvait sentir et toucher.
Après une thèse sur le rôle des nuages dans les mouvements de l’atmosphère, je cherche aujourd’hui à estimer l’impact de l’activité humaine sur les changements climatiques. La physique seule ne peut donner toutes les réponses à des questions si complexes. Les rencontres avec des chimistes, des biologistes, des économistes sont indispensables et très enrichissantes.
Mon goût premier est de comprendre. La curiosité est très vite limitée si elle ne bénéficie pas de la puissance des approches physiques et mathématiques.
Pour comprendre le monde qui nous entoure, nous construisons des modèles qui simulent de mieux en mieux la réalité et apportent un pouvoir de prévision, bien sûr limité, mais très impressionnant. Le calcul informatique et l’observation par satellites ont révolutionné les sciences de l’environnement. Et ce n’est pas fini ! »
(Hervé Le Treut, 48 ans - Directeur de recherche - CNRS - Paris (75) - École Normale Supérieure - Doctorat en géophysique)


Physique et énergie

L’énergie est un défi pour les années à venir : une demande toujours croissante, des réserves qui s’épuisent, des énergies renouvelables à développer et notre planète à protéger. Appel aux physiciens!

NUCLÉAIRE L’ÉNERGIE !
“Que l’on puisse faire autant d’énergie avecquelque chose de si petit me fascin edepuis très longtemps.”
«Actuellement, dans le Service études et projets thermiques et nucléaires (SEPTEN) d’EDF, je participe à la définition du mode de pilotage de l’EPR (European Pressurized Reactor), un nouveau type de réacteur avec lequel EDF pourrait renouveler son parc nucléaire. Je dois m’assurer que, si un incident survenait, il resterait en dessous d’un seuil maîtrisable.
Je travaille également sur les centrales en activité. Je cherche à déterminer dans quelle mesure il est possible de modifier leur combustible. Mon outil principal est la simulation par ordinateur. Lorsque je travaillais aux États-Unis dans une filiale américaine de Framatome, je devais déterminer les conditions pour stocker des déchets nucléaires dans le désert en toute sécurité, pendant dix mille ans. Un des problèmes majeurs concerne la mémoire : comment s’assurer que l’information sur la nature des stocks enfouis sera bien transmise aux générations futures ?
Il est parfois difficile de se retrouver seule dans un pays inconnu, surtout si on ne parle pas bien la langue. Mais cela ouvre l’esprit ! C’est une expérience très riche que ce soit pour un stage ou un emploi. Ce que j’aimerais faire par la suite ? Des études sur la fusion nucléaire, théoriquement possible, qui nous affranchirait des déchets produits par la fission. »
(Laetitia Angers, 31 ans - Ingénieure d’études en génie nucléaire - EDF SEPTEN - Villeurbanne (69) - École EPF - Master de génie nucléaire aux USA)


ET PAF, LE DÉCLIC !
“J’aime travailler avec ma tête et avec mes mains, le domaine technique était fait pour moi !”
« J’ai été pendant longtemps un élève moyen à l’école, jusqu’à ma réorientation d’une 1ère S option SIvers une 1ère STI option Électrotechnique. Il y a eu alors un déclic extraordinaire et j’ai eu le bac avec la mention très bien ! Après un BTS d’électromécanique et une école d’ingénieur en électricité, j’ai été immédiatement embauché par une entreprise spécialisée dans la prévention de l’explosion des transformateurs que l’on trouve sur les grands réseaux électriques. Un court-circuit dans un transformateur peut provoquer une explosion extrêmement dangereuse pour le personnel, les biens et l’environnement. Les disjoncteurs se déclenchent trop tard pour arrêter le processus (plus de 60 millisecondes). Notre apport consiste à ajouter un “fusible mécanique“ de notre conception, qui libère la surpression en 20 ms. Pendant deux mois, au Brésil, nous avons simulé des explosions en créant volontairement des courts-circuits à l’intérieur de transformateurs de 52 000 litres. Personne n’avait tenté l’expérience à cette échelle. À chaque essai, les dix secondes du compte à rebours étaient très éprouvantes car la moindre erreur pouvait provoquer une catastrophe. Nous avons réalisé 34 essais, tous réussis. Dans notre société, la moitié du personnel est d’origine étrangère et nos clients viennent du monde entier. Nous maîtrisons tous au moins deux langues. Le français vient bien après l’anglais, l’espagnol, le russe… »
(Sylvain Prigent, 30 ans - Responsable du département Recherche - SERGI - Archères (78) - BTS d’électromécanique - École EPMI)


Physique et transports

Plus de sécurité, plus de confort, moins de pollution... De la recherche à la production, les transports demandent toujours plus d’innovations.

LE CRI DU RAIL
“Je contribue à faire progresser la science à mon niveau.”
« Je travaille dans le service acoustique de l’Agence d’essai ferroviaire à la SNCF. Une partie de mon activité est de contrôler les performances acoustiques des matériels roulants et des systèmes de freinage livrés par les constructeurs. Des résultats dépendent leurs homologations sur le réseau français : répondent-ils aux spécifications fixées lors de leur conception ? Je réalise également des mesures de bruit chez les riverains d’une ligne de chemin de fer. L’essentiel du bruit émis par un train en circulation provient du contact des roues avec le rail et de leurs vibrations respectives que l’usure viendra amplifier. Dans notre service, nous concevons des solutions pour diminuer ces vibrations. La pose d’absorbeurs de sons de part et d’autre d’un rail abaissera sensiblement les nuisances sonores aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur du train, avec pour conséquences, un impact environnemental réduit et un meilleur confort pour le voyageur. Je n’étais pas spécialement bon en physique mais l’expérience professionnelle et mon habitude du terrain m’ont donné un véritable “sens physique“. Avoir un sens physique, c’est être un peu dans la matière que l’on teste, pressentir le résultat que l’on doit obtenir, détecter la mesure aberrante. »
(Cyrille Tiphonnet, 31 ans - Technicien acoustique - Agence d’essai ferroviaire SNCF - Vitry-sur-Seine (94) - DUT Mesures physiques)


LA QUALITÉ, UNE EXIGENCE INCONTOURNABLE
“Notre priorité est la satisfaction de l’automobiliste.”
« Chez Renault, j’anime une des équipes du département “qualité”, service qui s’assure que les pièces mécaniques répondront bien à toutes les exigences du cahier des charges. Mon équipe intervient avant le lancement de la fabrication de nouveaux moteurs ou boîtes de vitesses. Elle vérifie que l’ensemble de l’usine sera opérationnelle, pour produire au niveau de qualité attendu. Nous devons être certains que les machines sont bien adaptées aux besoins, que les équipes de fabrication en connaissent parfaitement le fonctionnement et seront capables de faire face à tout problème. Les ingénieurs qualité s’assurent de ces points sur le terrain avec les chefs d’atelier, les techniciens de fabrication, les responsables de la maintenance, les opérateurs, etc. L’ensemble de toutes ces vérifi cations s’échelonne en six jalons qualité, jusqu’à l’accord de fabrication. Une autre équipe prend ensuite le relais pour le suivi de la qualité lors de la fabrication en série. Les ingénieurs qualité doivent être passés eux-mêmes par les métiers de la fabrication pour comprendre le rôle et les contraintes propres à chacun d’eux. Cinq postes très différents dans l’usine m’ont donné une bonne vision du fonctionnement global de l’entreprise. »
(Isabelle Demonchy, 40 ans - Ingénieure responsable qualité - projets usine - Renault - Cléon (76) - Maîtrise de chimie-physique - École FIUPSO)


Physique et arts, sports, loisirs

Les sports, les loisirs et les arts bénéficient des innovations sur la micro-électronique, les matériaux, les télécommunications, les sources de rayonnement, etc. Il y en a pour toutes les passions !

ÉLECTRICITÉ + ARCHÉOLOGIE = DES MERVEILLES
“Je mets la physique-chimie au service de l’archéologie.”
« J’ai toujours aimé la physique-chimie. J’étais aussi intéressée par les matériaux anciens ; alors j’ai fait un DEA sur la physique appliquée à l’archéologie après mon école d’ingénieur.
Aujourd’hui j’exerce le métier qui me plaît à EDF dont la Fondation participe à la restauration du patrimoine mondial. En ce moment, j’analyse et je restaure des statuettes funéraires chinoises dont certaines sont vieilles de 2000 ans. Pour arrêter la corrosion qui risque de les faire disparaître, nous les traitons par électrochimie pendant plusieurs mois. Elles sont méconnaissables après leur traitement ! Avant ce bain de jouvence, nous les expertisons avec les mêmes techniques que celles que j’utilise pour la surveillance des centrales nucléaires : des radiographies X à haute énergie et des prises d’empreinte de leurs surfaces à l’échelle microscopique. Ces analyses déterminent les techniques de restauration et fournissent des indices pour comprendre l’histoire des objets, ce qui intéresse beaucoup les historiens avec qui nous travaillons.
Ce métier est riche en rencontres, avec des conservateurs, des fondeurs, des archéologues ou des biologistes, et toujours nouveau. De l’Antiquité au 20e siècle, des statues du château de Versailles aux vestiges du Titanic, nous manipulons des objets passionnants avant de les retrouver dans les musées. »
(Emmanuelle Pons, 30 ans - Ingénieure physico-chimiste - EDF Recherche et développement Valectra)


LA PHYSIQUE DE LA POMPE
“La mécanique appliquée aux chaussures, c’est passionnant. Pourquoi certains cours peuvent-ils être si ennuyeux ?”
« Atterrir dans la chaussure après des études de physico-chimie, jamais je ne l’aurais imaginé !
J’ai appris à aimer ce produit, à la fois technique et esthétique, en rencontrant des gens passionnés au Centre technique du cuir, où j’effectuais des analyses physicochimiques. Cependant, la technique pure ne me satisfaisait pas. C’est seulement à 30 ans que j’ai compris : j’aime être l’interface entre un produit et le besoin des clients. Et c’est ainsi que j’ai repris une formation en marketing. Aujourd’hui chez Décathlon, mon travail est de défi nir les exigences de qualité que les semelles doivent remplir suivant l’usage et la gamme de la chaussure. Les attentes sont bien différentes pour une chaussure de randonnée ou de basket ! Je choisis les matériaux et défi nis les tests à leur faire subir : résistance à l’abrasion, adhérence sur différents supports, etc. En partenariat avec d’autres entreprises, nous développons aussi de nouveaux matériaux pour les semelles. D’Europe en Asie, je voyage souvent pour rencontrer nos soustraitants. C’est important pour comprendre les nouvelles méthodes de fabrication car les technologies s’améliorent constamment. Décathlon se développe rapidement ; je sens que je pourrai évoluer dans mon métier. Et pourquoi pas m’orienter vraiment vers le marketing ? »
(Sandrine Hattais, 35 ans - Ingénieure composants et technologies - Décathlon - Villeneuve d’Ascq (59) - Magistère de physique-chimie des matériaux - DEA Chimie du solide et inorganique moléculaire - DESS Marketing - École ENSEEG - DEA Histoire, civilisation et archéologie des mondes antiques -
Doctorat en sciences mécaniques pour l’ingénieur)


Télécommunications

Les semi-conducteurs ont révolutionné les télécommunications et notre vie quotidienne. Demain, les micro et nanotechnologies assureront la relève… Une nouvelle révolution à ne pas manquer !


LA PASSION DES ANTENNES
“Je suis comme un chef d’orchestre : toutes les activités de l’entreprise doivent participer à la même harmonie.”
« J’ai découvert l’électronique en maîtrise ; les hyperfréquences, matière réputée difficile, m’ont tout de suite plu. Au début des années 80, elles étaient très utilisées par les militaires, en particulier pour les radars d’avions et les missiles, et par les télécoms. On ne parlait pas encore de téléphones portables mais le monde des hyperfréquences était en plein boum.
J’avais cinq propositions d’embauche après mon DEA. Je suis alors entré chez Dassault Électronique comme ingénieur d’étude. Quand on arrive dans l’entreprise, il reste finalement à apprendre son métier ! Apprendre à communiquer, à manager... Devenu chef de projet, j’ai développé un nouveau type d’antenne dite à balayage électronique. Et là, on fait de tout : de la technique, du management, des voyages à l’étranger en quête de fournisseurs, etc. C’est passionnant !
J’ai pris goût à la gestion de projet et je suis sorti peu à peu de la technique pour aller vers le marketing et le commercial. Je dirige maintenant Arialcom, une société de 50 personnes spécialisée dans les antennes de nouvelle génération. La diversité des tâches me plaît énormément. Je jongle avec les réunions techniques, la stratégie générale de l’entreprise, la réception de clients, la résolution de problèmes liés aux relations humaines ou la trésorerie… »
(Jean-Christophe Foucault, 47 ans - Président Directeur Général - Société Arialcom - Coignières (78) - Maîtrise de physique appliquée - DEA d’électronique)


PRÊTS POUR UNE NOUVELLE RÉVOLUTION ?
“Avoir un bagage technique est fondamental : les relations s’établissent plus vite et surtout, on est plus crédible.”
« Après mon diplôme d’ingénieur en électronique et radioélectricité, j’ai rapidement été embauché comme chef de projet technique chez STMicroelectronics. Je concevais de nouveaux circuits intégrés pour des clients comme Nokia. Grâce au silicium, un circuit intégré stocke et traite une quantité phénoménale d’informations dans un minimum d’espace. Cette invention a été une véritable révolution en électronique que l’on retrouve un peu partout aujourd’hui, dans les ordinateurs, les portables, les automobiles, etc. Dans les laboratoires se prépare actuellement une nouvelle révolution, celle des micro et nanotechnologies. La puissance de l’électronique sera encore plus importante et les possibilités d’applications vont exploser ! J’ai fait ce métier pendant sept ans avec beaucoup de plaisir. C’était un travail d’équipe très varié. Nous avions la chance de suivre les produits de la conception à l’industrialisation et nous voyagions beaucoup. Aujourd’hui, j’assure la promotion des produits chez nos clients. Une bonne connaissance de leurs besoins me permet d’agir plus en amont dans le processus d’innovation technologique, en travaillant avec des chercheurs de petites entreprises ou de centres de recherche. L’objectif est de transformer une nouvelle technologie en une production de masse, et entre les deux, il y a un monde ! »
 


De la recherche fondamentale aux applications pour la vie courante

Une quête permanente des hommes : répondre aux questions sur notre Univers et la matière qui le compose, son histoire passée et en devenir. Il y a encore beaucoup à découvrir !

Comprendre la structure de la matière au centre de la Terre est un des sujets sur lequel travaille Mohamed Mezouar, chercheur au laboratoire européen de l’ESRF à Grenoble.
« En laboratoire, nous soumettons un échantillon aux conditions extrêmes de très haute température et de très forte pression qui règnent à l’intérieur de la Terre. Nous l’analysons grâce au rayonnement d’un synchrotron - un super microscope. Chaque expérience soulève de nouvelles questions. Parfois, on tombe dans des impasses, on revient en arrière, on bifurque. La connaissance s’affine petit à petit. Ce sont de petits pas, mais on avance tout de même, on ajoute un maillon à la chaîne de la connaissance. »

Les échanges de la physique avec les autres disciplines scientifiques : sources d’avancées et d’enrichissement mutuel. Michèle Leduc mène des recherches sur le gaz hélium, au laboratoire de l’École Normale Supérieure, à Paris.
« En marge de notre axe principal d’études, l’idée est venue d’observer la circulation de l’hélium dans les poumons grâce à l’imagerie par résonance magnétique (IRM), technique utilisée à l’hôpital. Autour de nous, personne ne croyait que ça marcherait. Et pourtant, nous avons vu en 3D, l’intérieur des poumons comme jamais auparavant avec les méthodes classiques ! Cette invention dans l’imagerie médicale sert aujourd’hui à vérifi er qu’une greffe de poumons a bien pris. Une application inattendue est née de notre collaboration avec les médecins ! »

Répondre aux besoins de la société par la conception, la production et la commercialisation de produits innovants.
« Le but de la recherche industrielle, explique Étienne Barthel, chercheur pour l’entreprise Saint-Gobain, est d’inventer des nouveaux produits qui auront un impact sur la vie économique et sociale. Ainsi, il y a dix ans, la décomposition des salissures sur une surface par des rayons ultra-violets était un sujet très étudié. En 1994, un chercheur de Saint-Gobain a l’idée d’utiliser ce phénomène pour concevoir des vitrages auto-nettoyants. Après des tests encourageants en laboratoire, les nombreuses étapes du développement sont lancées ; sept ans après, le produit Bioclean sort sur le marché. Aujourd’hui, on réalise que le mécanisme est plus complexe qu’on ne l’imaginait et on lance des études complémentaires pour le comprendre. »

Pour en savoir plus

LA RECHERCHE PUBLIQUE

Les organismes de recherche et établissements d’enseignement supérieur
www.recherche.gouv.fr/organism/index.htm

CNRS
Centre national de la recherche scientifi que
www.cnrs.fr

CEA
Commissariat à l’énergie atomique
www.cea.fr

CNES
Centre national d’études spatiales
http://www.cnes.fr/html/_.php

ESA
Agence spatiale européenne
www.esa.int

ONERA
Offi ce national d’études et de recherches aérospatiales
www.onera.fr

INERIS
Institut national de l’environnement industriel et des risques
www.ineris.fr

ADEME
Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie
www.ademe.fr

G2P: Société Savante Groupe d'Action pour la Physique
Les sociétés du Groupe :
www-ext.lmcp.jussieu.fr/afc
www.academie-sciences.fr
www.sfa.asso.fr
www.iap.fr/sf2a
Société Française de Métallurgie et de Matériaux
sfp.in2p3.fr
www.france-optique.org
www.sft.asso.fr
www.vide.org

Société française de physique médicale
www.sfpm.asso.fr

LES METIERS

Les métiers d’ingénieur
www.cefi .org

Les métiers de l’optique
http://www.opticsvalley.org/index.html?filtre=O

Les métiers de l’environnement
www.reseau-tee.net

Les métiers des télécommunications
www.get-telecom.fr

Physiquement vôtre !
www2.cnrs.fr/presse/thema/298.htm


Partenaires : Université Paris-Sud 11 - ONERA
Coordination : Marie-Françoise de Feraudy

Conception et réalisation : Alsace Média Science
Mai 2005

 

 

20/01/09

 

Laboratoire d'Astrophysique de Bordeaux - Observatoire Aquitain des Sciences de l'Univers - Université Bordeaux 1 - CNRS (UMR 5804)
2, rue de l'Observatoire - BP 89 - 33271 FLOIRAC CEDEX - FRANCE
Tel : 0 (33) 5 57 77 61 00 - Fax : 0 (33) 5 57 77 61 10

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