PROGRAMME
NATIONAL
PHYSIQUE
CHIMIE DU MILIEU INTERSTELLAIRE
Document
de bilan 2004-2008 et de prospective 2009-2012
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Plan
1 Introduction – Présentation du Programme
2.1 Résultats Scientifiques
Marquants
3.1
Grandes Thématiques Astrophysiques
3.2
Processus Physico Chimiques
3.4 Exploitation de HSO /
Planck
3.5 Evolution des
moyens observationnels et instrumentaux
5.1 Bilan des colloques et
ateliers
5.3 Liste des
publications par année
Le milieu
interstellaire (MIS) joue un rôle essentiel en astrophysique car c’est son
évolution qui pilote le cycle de la matière, des phases les plus diffuses aux étoiles
et aux planètes, et c’est lui en retour qui est le porteur de l’enrichissement
en éléments lourds de la matière engendré par la nucléosynthèse stellaire. Il
s’enrichit en effet des éléments lourds éjectés par les étoiles, sous formes de
vents et d’explosions de supernovae. La dynamique et l’évolution ultérieure du
milieu, i.e. sa capacité à se refroidir, à former des structures, à se coupler
au champ magnétique, à se condenser et in fine à former des étoiles dépend
fortement de ces éléments, incorporés
dans les molécules complexes et les grains de poussières. Pour ces mêmes raisons, l’évolution du MIS est un ingrédient essentiel de
l’évolution des galaxies.
La compréhension des
mécanismes physiques et chimiques qui régissent l’évolution du MIS est donc
l’objectif principal de PCMI. L’analyse de l’émission de la matière permet
d’accéder à la composition chimique, aux conditions d’excitation et à la
cinématique. L’interprétation de ces observations nécessite des modèles
numériques incluant différents processus de physico-chimie, transfert d’énergie
et dynamique. Ces modèles font appel à des données fondamentales de chimie et
de physique tant expérimentales que théoriques. Les conditions physiques
particulières de ce milieu (très faibles pressions et températures) impliquent
l’utilisation de méthodes spécifiques pour obtenir ces données fondamentales
(expériences en jet supersoniques par exemple). A contrario, le MIS constitue
un laboratoire unique, où la matière peut être étudiée dans des conditions extrêmes,
et où de nouveaux phénomènes physiques ou chimiques ont été découverts. L'étude
de ces phénomènes contribue ainsi à l’amélioration de nos connaissances en
physique et chimie. L’ensemble de ces objectifs a permis de développer une
dynamique interdisciplinaire impliquant des équipes d’astrophysique, de
physique et de chimie.
L’observation du MIS s’appuie sur
un vaste domaine de longueurs d’onde. Le domaine sub-millimétrique, avec l’IRAM
et prochainement ALMA, et l’infrarouge lointain, avec le lancement du Herschel
Space Observatory (HSO) en 2009, y jouent un rôle prépondérant. Les domaines
proche-IR, IR-moyen, visible et UV restent incontournables : Spitzer, le
VLT et le HST sont utilisés par la communauté PCMI, et le JWST sera une
nouvelle étape. A l’autre extrémité du spectre électromagnétique, le e-VLA,
puis à plus long terme SKA, devraient relancer l’étude de la composante la plus
diffuse du MIS, le gaz atomique.
PCMI s’est fortement impliqué
dans la préparation des programmes menés sur ces grands télescopes, en
soutenant la spectroscopie de laboratoire pour les molécules, le développement
de modèles physiques et chimiques, la création de bases de données
(spectroscopie, réactions chimiques, collisions) nécessaires à l’interprétation
des observations. Avec l’arrivée de ces nouveaux observatoires (HSO, ALMA), et
des progrès majeurs réalisés par les grands télescopes actuels (IRAM, VLT), le
programme PCMI apparaît comme un atout essentiel pour la communauté française,
qu'il est impératif de renouveler.
Ce document illustre cette
nécessité par un bilan des activités passées (2005-2008), suivi d’une
prospective scientifique pour la période 2009-2012. Cette prospective présente
les grandes thématiques scientifiques qui relèvent du PCMI en soulignant les interfaces
avec d’autres programmes de l’INSU-AA (Planétologie, Physique Stellaire,
Galaxies), et des programmes interdisciplinaires (PID) du CNRS « Origine
des Planètes et de la Vie » et « Particules et Univers ». Ces
thématiques nous amènent à développer deux domaines dans lesquels notre
communauté est déjà bien ancrée mais souhaite encore renforcer son expertise
que sont les processus physico-chimiques et les processus dynamiques qui
conditionnent l’évolution et la structuration des phases diluées du cosmos et
la formation des étoiles et des systèmes planétaires. L’objectif ultime est de
coupler chimie et dynamique pour la description de l’évolution de ces milieux
dilués astrophysiques. D’un point de vue observationnel, la communauté du PN
PCMI sera amenée à jouer un rôle majeur dans l’exploitation de la mission
Herschel/Planck. Elle continuera également à s’impliquer dans l’exploitation
des instruments existants (IRAM, VLT,…) et ceux à venir (ALMA, JWST, NOEMA…).
1 Introduction – Présentation du
Programme
2.1 Résultats
Scientifiques Marquants
3.1 Grandes
Thématiques Astrophysiques
3.2 Processus Physico Chimiques
3.4 Exploitation
de HSO / Planck
3.5 Evolution
des moyens observationnels et instrumentaux
5.1 Bilan des
colloques et ateliers
5.3 Liste des
publications par année
Depuis sa création en
1997, le PN PCMI fédère une communauté d’astrophysiciens,
de physiciens et de chimistes qui ont construit un véritable champ d'activités
interdisciplinaires incluant une production scientifique importante et un rôle
dans la formation des jeunes chercheurs à l’interface entre leurs disciplines.
L'astrochimie offre un grand champ d'applications pour l'étude des processus
physiques et chimiques. Les conditions d'isolation extrêmes rencontrées dans le
milieu interstellaire intéressent tout particulièrement les
physico-chimistes qui étudient les propriétés de systèmes isolés (par exemple
d’agrégats ou de nanograins). L’étude de l’émergence de la complexité
moléculaire, ainsi que celle de la structuration du milieu interstellaire vers
la formation des étoiles et des systèmes planétaires sont des sujets attractifs
et porteurs d'interrogations fondamentales. L'exploration des milieux
astrophysiques motive également des études approfondies de spectroscopie dans
des fenêtres spectrales peu explorées, comme actuellement le domaine THz en
lien avec la mission spatiale Herschel/Planck.
La communauté PCMI se
reconnaît autant dans le partage de ses approches méthodologiques et de ses
problématiques que dans l'étude du milieu interstellaire stricto sensu. L’activité de cette communauté s’inscrit, dans les
grandes thématiques porteuses de l’astrophysique contemporaine mais repose sur
des approches qui lui sont propres comme par exemple (1) la spectro-imagerie à
très haute résolution spectrale en raies moléculaires, (2) la chimie à très
basse température et (3) les expériences de laboratoire sur les nanograins. Ces
approches lui confèrent sa spécificité. Cette communauté utilise et s’investit dans le développement d’un certain nombre d’outils
qui vont des instruments d’observations astronomiques, à l’astrophysique de
laboratoire, aux codes de simulations numériques et aux bases de données en
particulier de physique atomique et moléculaire.
Le PN PCMI a également acquis une reconnaissance
internationale et a servi de modèle. Sa communauté est particulièrement active
et visible sur la scène internationale. On peut noter par exemple que les deux
conférenciers invités dans la session « études en laboratoire de la
poussière » de la conférence internationale « Cosmic dust, near & far » (Heidelberg, 8-12 sept. 2008)
font partie de la communauté PCMI. Le réseau européen "Molecular
Universe" (research training network
FP6, 2004-2008) a été largement construit sur les compétences et collaborations
nouées au sein de PCMI, complétées et renforcées par des équipes européennes.
Des actions nationales inspirées du modèle PCMI sont menées en Allemagne,
Espagne, Angleterre et aux Etats Unis. Une structuration à l’échelle européenne
serait certainement souhaitable, mais même dans ce cadre, PCMI garderait un
rôle structurant pour la communauté française, rôle essentiel compte tenu de la
diversité des thématiques et de la répartition géographique.
Les outils du PN PCMI
Les observations : des molécules et grains à la physique et chimie
des objets
En
raison des basses températures au sein des nuages moléculaires, un outil
naturel pour la communauté PCMI est la radioastronomie qui permet de faire un
inventaire chimique des espèces moléculaires et de caractériser la cinématique
des objets grâce à la spectroscopie hétérodyne à très haute résolution
spectrale. L’analyse des profils des raies permet également d’accéder aux
paramètres physiques : densité, champ de rayonnement UV, champ de vitesse,
voire champ magnétique pour les molécules paramagnétiques. D’autre part, la
mesure de l’émission millimétrique de la composante gros grains de la poussière
permet d’accéder à la masse des objets étudiés. Le domaine infrarouge accessible
en partie du sol mais plus généralement avec les observatoires spatiaux donne
accès aux signatures des différentes populations de poussière, révélant ainsi
leur diversité, et à certaines molécules clés qui ne sont pas observables dans
le domaine millimétrique (H2 par exemple). Les observations vers les
plus courtes longueurs d’onde sont aussi précieuses (visible, UV mais aussi
rayons X et gamma) en particulier pour l’étude des milieux les plus ténus et
ceux soumis aux processus les plus énergétiques (ex : explosions de
supernovae). Enfin, dans la plupart des cas, les objets étudiés comprennent à
la fois des phases chaudes et d‘autres froides et une approche multi-longueurs
d’onde est nécessaire pour avancer dans leur compréhension.
Données fondamentales : spectroscopie et processus micro-physiques
L’analyse
des observations nécessite des données fondamentales tant sur la spectroscopie
que sur les processus micro-physiques. Pour cela la communauté PCMI rassemble
un nombre conséquent d’équipes impliqués dans ces études soit par l’expérience
soit par la théorie. Les conditions d’isolation et de température du MIS ont
motivé le développements de dispositifs expérimentaux lourds qui sont
essentiellement situés dans des laboratoires rattachés à l’astrophysique et à
la physique. Des données de spectroscopie sont obtenues dans des domaines
encore peu explorés comme le domaine THz. Dans certains domaines, la théorie
est dominante comme pour les études d’excitation collisionnelle. Notre
communauté est aussi utilisatrice des très grands équipements de la physique
comme le rayonnement synchrotron
(SOLEIL) ou le laser à électrons libres CLIO.
Les simulations numériques
Les
simulations numériques menées par notre communauté sont demandeuses en CPU et
justifient un accès aux grands calculateurs. Au niveau des théoriciens
physiciens et chimistes, il s’agit d’obtenir des données fondamentales comme
présenté ci-dessus. Afin d’extraire des
observations une description détaillée des conditions physiques et chimiques
des objets étudiés et de leur évolution, il est également nécessaire de
construire des modèles des objets astrophysiques, modèles qui peuvent être plus
ou moins sophistiqués. Un modèle complet devrait inclure une description du
bilan thermique et chimique du gaz, du champ de rayonnement associé incluant
les questions du transfert et une description du champ magnétique et des
processus dynamiques, le tout à une résolution spatiale et temporelle adaptées
aux nombreuses échelles caractéristiques des différents processus. Le problème
devient rapidement très complexe sachant que l’ensemble de ces processus est
couplé. C’est pour cela que certains modèles comme le code de régions de
photodissociation (PDR) de Meudon privilégient la description du bilan
thermique et de la chimie, alors que d’autres modèles mettent en avant les
aspects dynamiques et la structure tridimensionnelle des milieux, au détriment
d'une simplification du bilan thermique et de la chimie. Ces approches sont
complémentaires et donnent accès à la communauté d'une palette d'outils de
modélisation permettant d'aborder des questions scientifiques diverses, les
codes ou des bases de résultats étant mis en ligne au moyen de l'Observatoire
Virtuel.
Observatoire Virtuel et bases de données
Avec l'évolution des détecteurs utilisés pour
l’observation de l’Univers sur les télescopes astronomiques au sol ou embarqués
et le développement d’internet, l’échange de données au sein de la communauté
astronomique a connu un essor considérable. En particulier, les observations de
provenances diverses peuvent être confrontées afin de réaliser des études
multi-fréquences des phénomènes. Néanmoins, la collecte et le reformatage de
ces données, archivées dans des bases dispersées prend un temps considérable
aux chercheurs. La communauté internationale a décidé de se doter d’un outil
performant qui permette très aisément de rassembler les données
pertinentes : il s’agit du concept d’Observatoire Virtuel. L'architecture
de l'OV est divisée en trois parties :
- services sur les données, qui donnent un accès simple aux données
(grands relevés ou petites bases),
- services logiciels qui permettent de traiter, visualiser, analyser les
données, corréler des données de sources et de formats divers,
- services sur l'identification des ressources disponibles qui
permettent de publier et de découvrir des ressources.
L'ensemble
de ces services reposent sur le développement amont de standards pour tous les
protocoles d'identification, d'échange, de manipulation des données.
Dans ce cadre, les chercheurs du PN PCMI se sont impliqués dans des
projets novateurs au niveau national et international, en relation avec les
activités traditionnelles de recherche des laboratoires, augmentant ainsi le
retour scientifique des implications instrumentales ou numériques. Les
activités se sont articulées autour de:
1)
développements de logiciels pour l'analyse des spectres (CASSIS, MAGIX, etc..)
2)
développement de standards pour les simulations théoriques du milieu
interstellaire (LUTH)
3)
développement de standards pour l'échange de données de physique atomique et
moléculaire, ainsi que de services et outils (voparis-molecular.obspm.fr).
Certaines de ces activités, en particulier les
activités de définition de standards pour VOTheory et pour la Physique Atomique
et Moléculaire ont une dimension transverse dans l’INSU entre astrophysique et
atmosphère, aussi bien qu’interdisciplinaire avec la physique.
L’interdisciplinarité et son coût
L’interdisciplinarité
est une force de la communauté PCMI mais peut devenir une difficulté lorsqu’il
s’agit de la gestion des moyens. Au niveau des frais de fonctionnement et de
jouvence, on peut craindre qu’une augmentation du nombre de dispositifs
expérimentaux financés sous l’impulsion de l’ANR rende la gestion du programme
difficile. Ces expériences sont en général complexes et couteuses et leur
nombre ne cesse d’augmenter. Il y a donc un fort risque de ne pas pouvoir soutenir
l'ensemble de ces actions dans les années à venir sans perdre un certain
équilibre avec les autres volets de son activité: observations astrophysiques,
modélisation et théorie. Il faudra faire des choix très difficiles et
s'inquiéter du départ de notre communauté de certaines équipes qui devront
rejoindre des sujets bénéficiant de meilleurs financements. Pour minimiser ce
risque, il est important que le soutien financier accordé par l’INSU soit
renforcé par une contribution significative de la part des secteurs physique et
chimie du CNRS.
Les
activités interdisciplinaires peuvent également être soumises à un certain
nombre de difficultés supplémentaires : l’obtention de bourses de thèse,
le recrutement et l’évaluation des chercheurs. En particulier, les jeunes
docteurs ayant bénéficié d’une formation interdisciplinaire peuvent avoir du
mal à se retrouver dans les découpages thématiques existants. L’obtention de
postes ITA est également cruciale, qu’il s’agisse de techniciens et
d’ingénieurs de recherche en support des gros dispositifs expérimentaux ou
d’informaticiens/numériciens en soutien des simulations numériques.
L’affectation de bourses de thèse au PN PCMI permettrait de mettre en place une
véritable politique interdisciplinaire entre équipes d’astrophysique et équipes
de physique/chimie. Au niveau des Universités, notre communauté tient à garder
des liens forts avec la physique et la chimie.
2.1 Résultats
Scientifiques Marquants
Parmi
les nombreux résultats scientifiques obtenus par la communauté PCMI dans cette
période, nous mentionnons ici quelques uns des résultats les plus
représentatifs. Les numéros font
référence aux bilans individuels des projets mentionnés en Section 5.2
Molécules complexes : La recherche de l’acide aminé le plus
simple, la glycine, a motivé plusieurs recherches observationnelles, sans
succès à ce jour. Une étude théorique menée par le LCT sur la stabilité des
isomères de la glycine montrent que cette molécule n'est pas la forme la plus
stable, et donc peut-être pas la plus abondante dans le MIS [#39]. Plusieurs
études ont été menées dans la communauté PCMI afin de trouver des mécanismes de
formation de cette molécule dans les conditions du milieu interstellaire. Une équipe du PIIM a
montré que des glaces (CO2, CH3NH2) pouvaient
former à basse température (T>40 K) un carbamate qui conduit par photolyse à
la formation de l’acide aminé le plus simple, la glycine sous forme de
glycinate. Des voies de synthèse de la glycine en phase gazeuse sont également
explorées [#16]. Enfin, une expérience de l’IAS interfacée avec le rayonnement
synchrotron cherche à étudier l’effet de la lumière polarisée sur la création
d’un excès énantiométrique à partir d’un mélange raécmique de molécules chirales
[#17].
H2 : La question de la formation et
de l’excitation de cette molécule dans les milieux astrophysiques reste une
question à part entière. Des résultats récents obtenus par des équipes PCMI
avec le satellite Spitzer révèlent, dans des régions de photodissociation
faiblement irradiées, la présence d’émission rotationnelle de H2
dans des niveaux anormalement excités [#24]. Ceci renforce les résultats
d’équipes PCMI déjà obtenus de manière indépendante pour le milieu diffus à
partir de données ISO et FUSE. En laboratoire, l’originalité des travaux menés
a été de mieux considérer le rôle de la structure des grains : effet de la
porosité des glaces d’eau sur l’énergie d’adsorption qui a été étudiée avec le
dispositif expérimental FORMOLISM [#39] et effet de la morphologie du grain sur
l’état ro-vibrationnel de la molécule formée qui a été quantifié d’un point de
vue théorique [#44].
Analogues
en laboratoire des nanoparticules de carbone interstellaires et
circumstellaires : Une
des questions clés dans les modèles de poussière concerne la nature des
composantes dites macromolécules polycycliques hydrogénées (PAH) et très petits
grains (VSG) qui émettent dans l’IR moyen en particulier dans les bandes
aromatiques infrarouges (AIB). En laboratoire, notre originalité est d’explorer
plusieurs voies pour comprendre la nature de ces espèces majeures composant les milieux interstellaire et
circumstellaire, de notre galaxie jusqu'aux plus lointaines. Il
s’agit de travaux sur :
-(i)- la stabilité et la
spectroscopie d’agrégats de PAH purs ou mixtes avec du fer comme candidats VSG
dans les régions de photodissociation (dispositif PIRENEA au CESR et
simulations théoriques au LCPQ ; [#24]),
-(ii)- la formation et l’analyse spectroscopique de
macromolécules et nanograins dans les flammes comme équivalents des
environnements circumstellaires et interstellaires (dispositif nanograins au
LPPM, [#4]), et
-(iii)- la production et irradiation en laboratoire de
carbones amorphes hydrogénés, par ailleurs observés dans le milieu interstellaire
diffus, par des photons et des particules énergétiques (dispositif SICAL à
l'IAS, [#10]) ainsi que l’étude de leur rendement de fluorescence.
Chocs et Jets : Les flots moléculaires jouent un
rôle clé dans la régulation du moment angulaire des proto-étoiles.
L’observation de plusieurs jets (HH212, HH30) a permis de mettre une limite
supérieure contraignante à leur rotation [#13]. Deux thèses ont étudié la formation
de SiO dans ces jets, via l’érosion de grains silicatés [#25] et l’influence du
rayonnement UV généré par les chocs a été évaluée [#27].
Dynamique
des nuages moléculaires
|
Régions d'intense cisaillement du champ de vitesse (contours bleus)
superposeé à l'émission intégrée de la raie CO(1-0) dans un nuage a haute
latitude galactique (échelle en K km/s).
|
Une méthode statistique testée sur des simulations numériques de
turbulence nous a permis de découvrir, grâce à de grandes cartes réalisées avec
la mosaique de recépteurs HERA de l'IRAM-30m, des structures rares d'un type
nouveau dans des nuages moléculaires diffus.
Ce sont des structures d'intense cisaillement de vitesse dans
lesquelles se concentre la dissipation de la turbulence: 25% de l'énergie
turbulente dans ce champ est dissipée dans seulement 5% du volume, ou moins.
En effet, des observations faites sur cette structure avec l'interféromêtre
du Plateau de Bure révèlent des cisaillements encore plus intenses à
l'échelle du milliparsec. Ces résultats ouvrent une nouvelle fenêtre sur la
dissipation de la turbulence, son intermittence et son rôle dans la formation
des cœurs denses et des étoiles [#14] |
|
|
Comprendre la formation des nuages moléculaires est un enjeu important
de la physique du milieu interstellaire puisque les étoiles se forment en
leur sein. A cet effet, des simulations numériques MHD incluant la gravité
ont été réalisées. Partant de gaz atomique chaud et diffus, elles simulent la
collision de 2 flots de gaz interstellaire qui, sous l'influence de
l'instabilité thermique, de la pression dynamique puis de la gravité, conduit
à la formation de condensations de gaz dense comme illustré sur la figure. La
structure du nuage est en fait assez complexe et présente une grande diversité
de densité et de température. [#19] |
Chimie en phase gazeuse : L’étude de l’influence des
incertitudes des taux de réactions sur les abondances moléculaires permet
d’identifier les réactions clés des réseaux chimiques. Celles-ci peuvent
ensuite être étudiées, soit par les méthodes de la chimie théorique (ab-initio),
soit au laboratoire, pour améliorer la précision des taux, en particulier à
basse température. Parmi ces activités, citons pour la chimie de l’oxygène, les
mesures des taux de réactions O+OH et C+OH, qui régulent l’abondance de O2
[#22], pour la chimie du carbone la détermination des rapports de branchement
de C2+C2, et ceux
de la recombinaison dissociative de N2H+ pour la chimie
de l’azote [#47]. Une action de validation et de mise à la disposition des taux
de réactions via une base de données (KIDA) est en cours.
Préparation HSO et ALMA : De nombreuses actions de
préparation à HSO et ALMA ont été entreprises. Cela concerne la spectroscopie,
avec des mesures systématiques de molécules complexes et de leurs isotopologues
en particulier dans le domaine sub-millimétrique, mais aussi l’excitation
collisionnelle de molécules plus simples. Les collisions de molécules clefs de
l’étude du MIS, comme H2O [#11,36], CS, l’ion N2H+ et sa
forme deutérée [#45], C3 [#21] et CH+ [#46], avec H2
(ou He dans une première étape) ont été réalisées. L’ensemble des résultats de ces activités est
mis en place de façon coordonnée dans des bases de données (BaseCol, [#11]),
via les techniques d’Observatoire Virtuel pour toute la communauté.
Physico-Chimie des Disques
proto-planétaires : L’amélioration
de la résolution spatiale de l’interféromètre du Plateau de Bure a permis 2
découvertes importantes : l’existence de cavités internes (tant en gaz qu’en
poussières), liées soit à la formation des planètes, soit à la binarité, et une
mesure de la température des grosses poussières émettant en millimétrique
[#13]. Ces gros grains froids jouent peut-être un rôle dans le piégeage de CO
autour des étoiles plus chaudes (HAe) [#13]. Ces basses températures sont confirmées
par les observations de molécules comme HCN, mais aussi CN et C2H,
ce qui est très surprenant car ces radicaux sont créés par photodissociation de
HCN et C2H2, et donc a priori abondants dans les couches
superficielles chaudes des disques.
Images à 1.3mm de LkCa15 (à
gauche) et MWC 480 (à droite) à 0.4’’ de résolution. Une cavité est
clairement visible au centre de l’émission de LkCa15.
Les Chiffres
Importants en Bref
4 ans
1 Million
d’€,
74 projets,
457
Publications à référé,
plus de 100
communications invitées à des colloques,
14 ateliers,
écoles ou colloques (co-)organisés, dont 4 colloques internationaux et 1 école
internationale.
44
Laboratoires participants, dont 31 porteurs de projets.
Publications
La liste des
publications est donnée dans la section 5.3 par année et par ordre
alphabétique. Elle ne contient que les publications dans des revues à référé.
Elle ne prétend pas être complète, mais est basée sur les informations fournies
par chaque porteur de projet. 2005-2008 (2009 correspondant aux quelques
articles acceptés en 2008 et parus depuis).
Année 2005 2006 2007 2008 2009
Articles 89 102 118 131 17
Soit au
total 457 articles
On note une
augmentation très régulière qui témoigne de la vitalité de la communauté.
Bilan Financier :
|
RECETTES |
2005 |
2006 |
2007 |
2008 |
Totaux |
|
INSU |
151.0 |
135.0 |
135.0 |
135.0 |
556.0 |
|
CNES |
40.0 |
40.0 |
40.0 |
40.0 |
160.0 |
|
CNRS Physique |
49.0 |
48.0 |
50.0 |
50.0 |
197.0 |
|
CNRS Chimie |
17.5 |
17.5 |
17.5 |
17.5 |
70.0 |
|
CEA |
30.0 |
17.5 |
7.5 |
0 |
77.0 |
|
Totaux |
287.5 |
260.0 |
250.0 |
242.5 |
1060.0 |
|
DEPËNSES |
|
|
|
|
|
|
Projets |
273.2 |
230.5 |
227.3 |
220.5 |
951.5 |
Le bilan
financier présenté ici n’est pas un bilan comptable, mais un bilan indicatif
pour illustrer le profil de recettes et de dépenses du programme PCMI. La
présentation d’un bilan comptable est impossible en raison d’un changement de
période de référence comptable en 2008 affectant les recettes INSU, mais pas
les autres budgets. Nous avons choisi de présenter un bilan sur année complète
pour illustrer les tendances.
L’essentiel
du budget du programme est affecté aux projets. Le résidu, variant de 15 k€ à
30 k€ selon les années se décompose en deux parties :
-
12 à 15 k€ de fonctionnement récurrent, comprenant
outre la gestion proprement dite (réunions du CS et missions de la direction du
programme), quelques actions incitatives
(ateliers) et soutien ponctuels a des opérations initialement non prévues.
-
Une participation directe aux colloques organisés par
PCMI. Cette participation est particulièrement visible en 2006 (Colloque de
Grenoble), mais aussi en 2007 et 2008 (Colloque d’Arcachon, réservation faite
en 2007, soutien complété en 2008)
La ligne
Recette-CEA montre une diminution significative. Ces recettes ne sont pas
banalisées : elles sont en fait réservées à des équipes du CEA, l’avis du
programme se limitant donc à valider l’intérêt scientifique des propositions
émanant du CEA. 2005 a vu le soutien à une opération majeure (ARTEMIS). Le faible niveau des propositions 2007 a
conduit à un non renouvellement la
participation du CEA en 2008.
Sur la
période qui nous concerne, les quatre appels d'offre du programme ont rassemblé
chaque année une cinquantaine de propositions correspondant à une demande de
financement comprise entre 440 et 600 k€ par an. Ceci correspond à un facteur
de pression légèrement supérieur à 2. En tout, 74 projets ont été retenus et
financés. Ils émanent de 72 proposants répartis au sein de 30 laboratoires
différents (voir l'histogramme plus loin). Bon nombre de ces projets sont de
longue haleine et nécessitent de ce fait un soutien sur plusieurs années.
Ainsi, 18 projets ont reçu un soutien annuel entre 2005 et 2008. Le programme
finance également des projets beaucoup plus ponctuels qui en général ne
nécessitent une aide financière que sur une année. Il peut s'agir par exemple
de réunions scientifiques (11 projets retenus en quatre ans) ou de travaux très
spécifiques. Une trentaine de propositions retenues sont dans ce cas.
Les tableaux
et graphiques qui suivent visent à présenter les choix de financement du
programme sous diverses facettes. Nous avons identifié de grandes thématiques
et des secteurs disciplinaires à partir desquels il est possible de mieux
analyser les efforts consentis par le programme
Outre les observations qui constituent la pierre
angulaire du programme, les travaux de laboratoire (expérimentaux et théoriques)
sont indispensables à leur interprétation. De même la modélisation de ces environnements (incluant la mise en place de
bases de données physico-chimiques) permet d'établir une passerelle entre le
laboratoire et l'observation. L'ensemble est d'ailleurs étroitement couplé car
toute avancée d'une thématique peut suggérer de nouveaux développements au sein
des autres. A ces quatre grandes lignes directrices nous avons rajouté une
ligne complètement transversale rassemblant les réunions scientifiques de tout
type (écoles, ateliers, colloques nationaux ou internationaux) intéressant le
programme et que nous avons regroupées sous le terme "école". Le soutien au colloque PCMI semi-annuel n’est pas
comptabilisé dans cette ligne.
Le tableau
ci-dessous fait le bilan des financements annuels octroyés par thématiques. Une
présentation en camembert accompagne ce tableau afin de mieux évaluer la
répartition budgétaire entre les thématiques. Ces données font clairement
apparaître le poids considérable des expériences de laboratoire (59%) qui dans
bien des cas font appels à des appareillages sophistiqués dont les coûts de
conception, fonctionnement et de développement requièrent des moyens financiers
importants et ceci sur une échelle de temps de plusieurs années. Nous y
reviendrons plus loin dans une section spécialement dédiée aux grands
instruments nécessaires à la progression du programme.
|
|
2005 |
2006 |
2007 |
2008 |
Totaux |
|
Expérience |
159.5 |
134.0 |
130.0 |
134.0 |
557.5 |
|
Observation |
62.5 |
59.5 |
41.5 |
41.0 |
204.5 |
|
Théorie |
38.0 |
12.0 |
39.3 |
32.5 |
121.8 |
|
Modélisation |
6.5 |
17.0 |
11.0 |
9.5 |
44.0 |
|
Ecole |
6.7 |
8.0 |
5.5 |
3.5 |
23.7 |
|
|
|
|
|
|
|
|
Totaux |
273.2 |
230.5 |
227.3 |
220.5 |
951.5 |
Table 1:
Répartition des financements octroyés par grandes thématiques en k€
De part le
caractère très interdisciplinaire du programme, il est tout aussi intéressant
de regarder comment s'effectue la répartition par secteurs disciplinaires. Nous
avons choisi ici de présenter ces données en fonction du rattachement
(principal) du laboratoire du proposant et non pas du secteur d'appartenance de
ce dernier. Des différences existent entre les deux analyses mais ne modifient
pas les conclusions de façon notable. Par exemple, le secteur ST2I regroupe 2
propositions de chercheurs dépendant de la chimie (T. Chiavassa, PIIM,
Marseille) et de la physique (I. Schneider, OMC, Le Havre). Inversement, aucun
proposant n'émane du secteur ST2I.
Le tableau 2 montre cette répartition par année. On y
observe que le secteur Univers domine (52%) mais que la physique et la chimie
ont une place loin d'être mineure et constituent donc des partenaires à part
entière dans la réussite des objectifs du programme. La répartition observée
s'explique par la nature même du programme et la forte contribution de
laboratoires comme le CESR à Toulouse, l'IAS à Orsay ou encore le LERMA à
Meudon qui à eux trois rassemblent 20 projets (soit 27% des projets financés)
et représentent les deux tiers du soutien du programme au secteur Univers et
donc environ un tiers du budget du programme PCMI. Par ailleurs, ces trois
laboratoires possèdent de lourds équipements tels que l'installation PIRENEA et
les dispositifs SICAL-MICMOC et FORMOLISM très demandeurs en financement (144
k€ pour les trois projets réunis, voir section grands instruments). Il faut
aussi remarquer que ces trois laboratoires, bien que labellisés
"Univers", rassemblent en leur sein des astrophysiciens, des
chimistes et des physiciens.
|
|
2005 |
2006 |
2007 |
2008 |
Totaux |
|
Univers |
155.2 |
139.5 |
100.3 |
104.5 |
499.5 |
|
Physique |
68.0 |
55.0 |
84.0 |
72.0 |
279.0 |
|
Chimie |
42.0 |
24.0 |
31.0 |
32.0 |
129.0 |
|
ST2I |
8.0 |
12.0 |
12.0 |
12.0 |
44.0 |
|
|
|
|
|
|
|
|
Totaux |
273.2 |
230.5 |
227.3 |
220.5 |
951.5 |
Table 2: Répartition des crédits
alloués par secteur disciplinaire des laboratoires
Enfin, il est intéressant de noter que le secteur
Univers ne se limite pas à l'observation. Il y a au contraire un très bon
équilibre entre les grandes thématiques comme le montrent le tableau 3 et le
camembert qui lui est associé.
|
|
2005 |
2006 |
2007 |
2008 |
Totaux |
|
Expérience |
61.5 |
48.0 |
23.0 |
36.5 |
169.0 |
|
Observation |
62.5 |
59.5 |
41.5 |
41.0 |
204.5 |
|
Théorie |
18.0 |
7.0 |
23.3 |
16.0 |
64.3 |
|
Modélisation |
6.5 |
17.0 |
11.0 |
9.5 |
44.0 |
|
Ecole |
6.7 |
8.0 |
1.5 |
1.5 |
17.7 |
|
|
|
|
|
|
|
|
Totaux |
155.2 |
139.5 |
100.3 |
104.5 |
499.5 |
Table 3: Répartition des crédits alloués par grandes thématiques (k€)
pour le secteur Univers
Le tableau 1
montre que les études théoriques ne représentent qu'une faible partie du
financement du programme (13 %). Ceci est relativement logique car en moyenne
ce type d'études requiert des financements plus limités. L'achat de gros
équipements tels qu'un supercalculateur est en général un besoin ponctuel au
contraire de l'activité expérimentale qui s'avère très consommatrice en
fonctionnement quotidien et en développement. La thématique Théorie n'en
demeure pas moins essentielle pour le programme et concerne malgré tout 16 des
projets financés (soit 22 %). Le tableau 4 dresse une synthèse des financements
alloués annuellement par secteurs disciplinaires pour cette thématique. Un
camembert donne une analyse visuelle des résultats.
La part du
secteur Univers est ici encore importante (53 %) et traduit les besoins
d'études en particulier sur les problèmes liés à la turbulence et à la
dynamique du milieu interstellaire (Cassiopée, Nice; CRAL, Lyon; CEA, Saclay).
Il est cependant à noter qu'un certain nombre de travaux effectués dans les
laboratoires relevant du secteur Univers concernent des problèmes liés aux
collisions moléculaires (LAOG, Grenoble; LERMA, Meudon; GRAAL, Montpellier;
UTINAM, Besançon) et sont donc à rapprocher de ceux effectués en Chimie (LCT,
Marne La Vallée et Paris VI; ISM Bordeaux), en Physique (LAC et LCAM, Orsay;
IPR, Rennes) et en ST2I (OMC, Le Havre).
|
|
2005 |
2006 |
2007 |
2008 |
|
Totaux |
|
Univers |
18.0 |
7.0 |